Jules Verne
Collège
Le Pontet
 

« Ombre »

mercredi 17 décembre 2014, par webmestre

Une œuvre m’a dit … (collection Lambert)

Je me présente, je m’appelle Ombres. Mon géniteur se nomme Christian Boltanski et il m’a conçue en 1985. J’ai alors fait un long voyage, j’ai été secouée, déplacée et emprisonnée sans aucune pitié. Maintenant, peu de personnes prêtent attention à moi. Je passe de longues journée dans ma cellule avec pour seule compagnie un projecteur qui m’éblouit. De temps en temps, la mauvaise isolation laisse passer un petit brin d’air, mais aucune agitation ne vient perturber mon ennui. Même mes fils de fer pliés en forme de bonhommes ne sont pas très bavards. Les matériaux qui me composent sont si silencieux qu’ils finissent par s’ennuyer eux-mêmes. Et pour une œuvre comme moi, que peut apporter le silence ? J’ai déjà vu de surprenants sujets d’inspiration, mais le silence... Que fais-je dans une prison ? Les matériaux qui me composent sont si silencieux qu’ils s’ennuient eux mêmes. Est-ce qu’un jour la porte s’ouvrira et on me laissera sortir pour enfin pouvoir reprendre mon activité ?

Le silence, un bien grand mot...

Même mes oreilles ont décidé de ne plus suivre leur voie, je n’entends plus aucun mot, ne perçois plus aucun son. Je sens que l’ennui m’emporte. Que m’apporte l’emprisonnement et à quoi me sert cet enfermement ? Les mots ne parviennent plus à mon cerveau, seules mes pensées réussissent à s’échapper par le trou de la serrure et à explorer les différents recoins de la ville. Ses remparts sont tellement hauts qu’ils semblent monter vers les profondeurs de l’espace ! Son magnifique palais abritait autrefois de prestigieux papes !

Cette expédition m’a permis de retrouver du sens à la vie. Je me sens revivre, mon cerveau recommence à penser et mes mains se remettent à bouger pour protéger mes yeux de ce projecteur qui m’aveugle de plus en plus à mesure que les jours passent. Dans le silence de ma cellule, je sens mon inspiration revenir et j’ai envie de dire sous forme poétique :

Un mot, un tout petit mot sans bruit

On peut tout faire sans bruit

Caresser la crinière d’un lion,

ou bien découvrir la mélodie secrète de l’oiseau

Explorer les fonds marins

Ou les mystères de la forêt.

Qu’importe l’endroit ou le moment,

Les murmures disparaîtront

Pour laisser place à la mort.

Même le silence se fait discret quand

Le plus fort des cris résonne dans la montagne

Lorsque l’esprit s’évade pour faire place à l’imagination

Lorsque les pensées s’échappent pour laisser l’esprit libre.

Seul l’écho des lourds coups de tambours demeure

Pour nous laisser seuls, atrocement seuls.

C’est à ce moment que tout se bouscule,

Et que le silence laisse place à la liberté.

Ombres

Coline

 
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